Vers une grêve générale? Non merci!

November 10, 2011 § 1 Comment

Aujourd’hui, des autobus pleins d’étudiants ont convergé vers Montréal pour manifester dans le cadre de ce que les organismes responsables ont appelé “la manifestation nationale contre les frais de scolarité”. Directement ou non, sachez que vous avez participé à cette manifestation, car l’AGE a voté avec une MAJORITÉ ÉCRASANTE la participation à cette manifestions, avec 90% de OUI par les 250 membres présents, soit un peu moins de 5% de la population étudiante totale (1). Nous avons même débloqué du budget pour payer des autobus et des petites collations pour nos braves manifestants; tout cela a même les cotisations qu’on vous impose à chaque session sur vos frais d’inscription!

Les médias n’ont pas manqué de couvrir l’évènement, et la phrase la plus rapportée est sans doute la menace qu’a fait Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) à l’endroit du gouvernement Charest:

C’est le dernier avertissement à ce gouvernement avant qu’on passe à la prochaine étape dans les moyens de pression. S’il ne recule pas sur sa hausse des frais de scolarité après la mobilisation exceptionnelle d’aujourd’hui, on va se diriger vers une grève générale illimitée à l’hiver.

Juste un petit rappel en passant: une “grève générale illimitée”, ça veut dire une levée de cours permanent pour tout la session, autrement dit une session, ou deux, ou trois… de perdues. Donc, ce que Gabriel propose en le nom des 40 000 étudiants qu’il représente, c’est que tout le monde cesse d’étudier le temps d’une session, jusqu’à ce que les demandes des assemblés étudiantes soient satisfaites. Peut-être que Gabriel, étant étudiant à temps partiel (2) (moins que 4 cours par session) à l’université dans un programme de penseurs, ne trouve peut-être pas ce sacrifice trop important, mais permettez-moi de douter que ses membres sont prêts a le suivre dans sa noble démarche.

Heureusement que l’AGECTR n’est pas affiliée à l’ASSÉ, non? C’est mal connaitre les milieux syndicaux: solidarité l’oblige, fort est a parié que la FEUQ, dont tous les étudiants du CÉGEP sont membre via l’AGECTR, sera contrainte à considérer cette grève générale elle aussi. Si le même vote non représentatif s’opère, c’est un congé pour tous!

L’année passée, j’ai écrit plusieurs articles concernant la représentativité quasi nulle des associations étudiantes de la véritable base étudiante; comment la poignée de soit-disent représentants s’empare de manière illégitime de nos voix et se permettent d’émettre des opinions pour nous. J’ai été heureux de constater que mes allégations ont fait quelques vagues au sein de la clique de l’AGE… mais comme la population étudiante se contrefout (avec raison) de la Gifle et des affaires de “vie étudiante” en faveur d’une dévotion sérieuse à leurs études, à leurs loisirs et au travail, la situation en est restée là. La clique a continué à gérer son agenda, laissant une grande majorité des étudiants dans l’indifférence la plus totale.

Maintenant que la d’une grève générale mets en danger le parcours scolaire de plusieurs d’entre nous cependant, il faut que ça change. Prenez les moyens nécessaires, frappez où ça fait mal: la loi 32 sur accréditation des associations étudiantes dites qu’un règlement doit être prévu à l’effet que les cotisations soit remboursables ou non (Chapitre 5, article 52): retirez les! Ne laissez pas votre argent servir des intérêts qui vous ne représentent pas. Si la grogne se généralise, sur demande de 25% des étudiants, la présence de l’association peut être contestée; cette situation serait bien embarrassante pour la minorité des activistes qui disent parler en notre nom.

Je comprends les enjeux de la lutte pour les frais de scolarité, bien que je ne sois pas d’accord avec les arguments en faveur d’un gel continuel, encore moins d’une gratuité totale. L’accessibilité à tous, c’est bien beau; privé une majorité qui veut mener à terme leurs projets d’études postsecondaires par contre, ça ne passe pas, particulièrement quand cette privation se fait selon une ligne directrice partisane qui pue le corporatisme syndical. Une grève générale, ce n’est ni un mal nécessaire, ni un noble sacrifice: c’est un handicap que l’on ne doit pas se faire imposer.

(1) Calculé de manière approximative selon les chiffres publiés dans La Gifle et ceux disponibles sur le site du CÉGEP de Trois-Rivières. Chiffres plus précis à venir.
(2) http://bit.ly/vpB8Cl

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§ One Response to Vers une grêve générale? Non merci!

  • Eric Garcia says:

    Je suis entièrement d’accord avec toi sur la question de la nécessité d’une grève générale. Tu le dis toi-même dans tes propres mots, il est incongru et démesuré, à mons avis, de promouvoir l’accessibilité au études postsecondaires pour les moins fortunés en empêchant ceux qui étudient en ce moment d’aller à leur cours, donc de leur priver de leur accès à l’éducation. Cependant, les enjeux sociaux qui s’encourent si nous décidons de ne rien faire sont immensément plus grave qu’une session de perdu, un an de carrière de perdu, ou pire encore, un possibilité de carrière de perdue! Imagine-toi, Maxime, les répercussions sociales de cette hausse de frais dans 25 ans! Ce ne sera plus 4 milles dollars par session, mais bien 20 milles pour certaines universités, dans 25 ans. Qui aura la chance d’étudier dans les meilleures universités? Les riches, qui travaillera au mcdo tout en restant endetté? les pauvres. Mes exemples sont extrêmes, je le sais. Mais il faut prévenir avant de guérir et mon choix est de prévenir qu’une trop grande partie de la population québécoise (c’est encore seulement mon avis à moi, le contribuable qui n’étudie pas à l’université en ce moment et qui paye pour que n’importe qui puisse étudier dans l’université de son choix) ne puisse avoir accès à la même chose que les riches. Ce sont le genre de pensés que je te renvoies après avoir lu chaque ligne de ton article, que les instigateurs du nationalisme québécois avaient quand ils ont créer les subventions aux universités. Grâce à ces instigateurs, même le plus pauvre des pauvres, s’il était travaillant, pouvait se payer des études universitaires à l’âge de 20 ans. Maintenant que j’ai 22 ans, j’ai peur de devoir attendre jusqu’à 30 ans pour pouvoir me payer mes etudes sans m’endetter pour 10 ans encore parce que ma mère qui, soit dit en passant, gagne un plus grand salaire que la majorité des foyers du québec à elle seule, ne peut me payer mes études universitaires. Tout ces détails doivent converger vers une seule idée: Il faut investir dans le peuple et s’indigner si une partie de notre peuple est brimée, car le peuple travail pour le peuple, donc les étudiants pauvres qui pourront aller à l’université très jeunes commenceront à travailler pour le peuple très jeune. Voilà ma pensée, voilà la pensée d’un jeune pauvre d’origine espagnole qui n’a jamais encore étudié à l’université et qui à encore espoir de pouvoir le faire avant qu’il ne soit trop tard. Voilà la pensée d’un jeune québécois qui veut se battre contre le gouvernement, qui veut se battre pour son peuple et sa nation, qui veut se battre contre l’injustice!

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